Quand on aime, on ne compte pas!

Préparation pour le Tour Auto et le Tour de Corse


Il arrive parfois dans le métier de journalistes de faire de belles rencontres, et celle d’avec Didier Doreau est de cette nature ! C’est un ami confrère qui m’avait parlé de lui en des termes élogieux, me décrivant une chef d’atelier Peugeot complètement «dingue» de la marque au lion sur laquelle il travaille depuis plus de 40 ans (45) ! Du coup, vous savez ce que s’est, la curiosité de rencontrer ce personnage et surtout ses voitures «plus belles que neuves» m’a poussé irrévocablement à aller le voir en région parisienne. Lors de notre première rencontre, j’ai totalement craqué sur ses autos avec une affection toute particulière sur sa 504 berline, m’évoquant, mon enfance et la Ti rouge flamboyante que ma grand- mère entretenait avec amour. J’ai absolument tout retrouvé, les odeurs bien sur, mais aussi la forme des poignées de porte, les gros sièges super confortables et d’autres menus détails.

Nous nous sommes donc vus à plusieurs reprises, et notamment lors d’un tournage dans son antre afin de montrer et de partager avec nos téléspectateurs la maitrise et le niveau impressionnant de son travail. Les semaines passent et l’idée de refaire le tour auto 2014 se profilent ! Seul hic et pas des moindres, avoir une auto éligible, c’est à dire, ayant participé à l’épreuve jusqu’en 1973 et surtout capable de supporter une semaine de course à rythme soutenu sur 2200 km de parcours. Je trouve une Alfa Romeo Giulia de 1970 arrêtée depuis 2 ans qui nécessite un sérieux travail de remise à niveau. Ni une ni deux j’appelle Didier, toujours un peu ronchon de prime abord mais qui de façon pro, me demande de combien de temps il dispose. Et moi calmement de lui répondre, à peine 2 semaines ! Textuellement, il me rétorque: «c’est court, tu fais suer, mais la voiture sera prête, j’t’en donne ma parole.» Après des jours et des nuits de travail, de recherches de pièces en France et à l’étranger, la voiture était prête, son moteur double arbre tout alu rugissant de plaisir, et surtout exposée sous la verrière du Grand Palais, la veille du départ aux côtés de prestigieuses montures comme des Aston Martin Zagato, Ferrari 275, Mercedes 300 SL papillon et bien d’autres. Sur l’ensemble de l’épreuve, notre Alfa ne connaitra aucun, je dis bien aucun problème mécanique, et nous lui aurons donné à peine un 1/2 litre d’huile moteur sur 2200km ! Tout juste incroyable, et vous savez ce que l’on dit? En course, c’est à l’atelier que l’on prépare la voiture et pas aux bords de la route qu’on la répare. Et niveau préparation, Didier a fait un travail de fou, en vérifiant tout, absolument tout pour que nous puissions rouler et faire notre tour sans le moindre soucis !

L’épreuve terminée, et des images plein la tête et nos disquettes de caméra pleines à craquer. L’envie de repartir à l’assaut d’une autre course mythique se fait plus présente. Nous partons alors sur la folle idée d’emmener une 205 gti, qui fêtait en 2014 ses 30 ans, sur une épreuve diabolique, le tour de Corse qui nous oblige à aligner un véhicule sportif d’au moins 30 printemps . Disposant assez vite d’une jolie 205, même envie, même hommes ! J’en parle à Didier qui réagit à peu près de la même façon avec cette fois-ci un avantage non négligeable, il joue à domicile car c’est une Peugeot ! En à peine, 10 jours, il nous remet à neuf mécaniquement et à grand frais de pièces neuves d’origine Peugeot cette Gti. Un superbe travail, une fois de plus payant, car là aussi, notre destrier ne connaitra aucun problème malgré un rythme de folie et des routes Corse aussi belles que redoutables pour les machines. Alors aujourd’hui, je peux vous dire que si j’ai une auto à aligner sur un rallye, je saurai à qui demander. Et comme dit le proverbe, jamais deux sans trois ! Alors Didier, tu es prévenu. Encore un très très grand merci pour ta connaissance de la mécanique, ton expertise et surtout ta passion ! Tu es un sacré furieux doté d’une incroyable gentillesse.

Avec toute mon amitié.

Grégory Galiffi